Nos revendications
Samu psychiatrique
Il existe à l'étranger des équipes spécialisées dans l'intervention sur le lieu de crises psychotiques, qui visent à établir un lien de confiance avec la personne en souffrance et à l'amener ainsi à accepter les soins qui pourront la soulager. La video qui suit montre l'intervention, au domicile du patient, d'une équipe du SAMU psychiatrique de Paris. Elle est composée d'un psychiatre et d'un duo infirmier/infirmière psychiatriques. Remarquez que dès le début, c'est l'infirmier qui parle, sans jamais contredire le patient, et dans une attitude d'écoute active et de solidarité. Ce n'est que quand la confiance est ainsi établie que le psychiatre prend la direction des opérations, avec le plein accord du patient. L'alliance thérapeutique est démarrée.
Chacun a tendance à ne parler de et à n'entendre que ce qui le préoccupe, surtout s'il est en souffrance. C'est un des fondements de la communication non-violente. Pourquoi le patient est-il en souffrance? Parce que subitement et à son insu, il devient la victime d'hallucinations et de délires très souvent paranoïdes, effrayants en eux-mêmes comme on le voit dans la projection, et qui de plus le coupent de ses proches qui nient la partie fantasmatique de sa réalité. Leur souffrance, à eux, c'est qu'il rejette leurs efforts pour l'amener à se faire soigner. C'est ce dont ils parlent, lui ne comprend pas pourquoi et il s'enrage que sa réalité (la réalité pour lui) ne soit pas prise en compte. Sur ces bases, une opposition de plus en plus hostile s'installe et va croissant jusqu'au rejet et la violence au moins verbale si pas physique.
L'équipe d'intervention, elle, n'est pas en souffrance. Elle est disponible, écoutante, spécialisée dans l'aide et se présente comme telle, avec des compétences médicales, mais sans aucune insistance sur la psychiatrie. Elle répond tout à fait aux besoins de la personne en souffrance. Un rapport portant sur 5 mois d'activité d'une équipe semblable qui, contrairement à ce qui est montré ici visait à éviter l'hospitalisation, établit que sur 119 interventions il n'y a eu qu'un seul rejet. En conséquence de l'alliance établie lors d'une première intervention, 68% des patients ont pu être soignés à domicile et, en fin de prise en charge (en moyenne 11,7 jours) on n'a constaté que 6% de ruptures de suivi. La première intervention a duré en moyenne 2 heures.